Est-ce que le ratio 5 millions d’habitants pour 30 millions de moutons vous dit quelque chose ? Et bien, il est exact, les grands espaces dominent en Nouvelle-Zélande, une destination de rêve pour les amoureux de la Nature. Ce pays incroyable est le seul endroit au monde où fjords, volcans, plages, glaciers et forêts vierges se côtoient d’aussi prêt. Et parmi cette variété de paysages, vous ne verrez pas que des moutons !
Des origines de cette biodiversité jusqu’à ses enjeux actuels, découvrez les principales espèces d’animaux de Nouvelle-Zélande et nos conseils pour les observer pendant vos voyages.

Retour aux origines

“La Terre est un mère qui ne meurt jamais”. Ce proverbe Māori montre toute la grandeur et l’admiration que ce peuple porte à la Nature, depuis ses origines. Nouvelle-Zélande (nouvelle terre des mers) est le nom occidental du pays, donné par le cartographe néerlandais Johannes Blaeu, et anglicisé par l’explorateur James Cook au XVIIe siècle. Les Māori eux, présents depuis le XIe siècle, avaient deux noms pour l’île du Nord; ‘’Te Ika-a-Māui’’ (le poisson de Māui) et ‘’Aotearoa’’ (le pays du long nuage blanc), et un nom pour l’île du Sud; ‘’Te Wai Pounamu’’ (eaux de jade). Comme dans beaucoup d’aspects de leur culture, la Nature est donc centrale, au coeur de la création et du changement.

Depuis que la Nouvelle-Zélande s’est séparée du super-continent, elle est devenue une terre riche de plantes et de créatures particulières qui ont évoluées, indépendamment du monde. Les précipitations importantes et le grand ensoleillement provoquent le développement d’une flore luxuriante et diverse, endémique à 80 %. Avant l’arrivée des humains, les grandes étendues de forêts primaires abritaient une incroyable variété d’oiseaux. Avec l’évolution, les ailes de certains sont devenues inutiles car aucun prédateur ne les poussait à s’enfuir. Par conséquent, plusieurs oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande ne peuvent pas voler, dont le perroquet Kakapo, le Kiwi, le Takahe, et le plus grand oiseau du monde, maintenant disparu, le moa.
Le territoire est l’un des derniers découverts par l’Homme. Lorsque les Māori, et plus tard les Européens, ont conquis les deux îles, ils ont chassé les oiseaux et amené des prédateurs, dont les rats, chats et les hermines. Associé à la perte de leur habitat, cela a malheureusement mené à l’extinction de nombreux oiseaux, dont le Moa et le Huia. Bien heureusement, on peut encore croiser plusieurs animaux, dont certains rares et endémiques.

Voici les portraits de nos préférés, que vous pouvez vous-aussi découvrir.

Les oiseaux

L’Albatros Royal

nouvelle-zelande-albatros-royalCredit: Diane Desvergnes

On peut l’admirer à la jumelle, dans un centre de conservation dédié à cette espèce, situé sur la péninsule d’Otago, sur l’île du Sud. C’est là, à Taiaroa Head que se trouve la seule colonie de tout l’hémisphère Sud. Pour savoir ce que vous pourrez observer à telle ou telle période, voici un document très utile, créé par le centre.

Un ensemble de facteurs fait de l’Albatros Royal un oiseau en voie de disparition. Il est de en plus rare à cause des dangers que représentent les filets de pêche et, pour les oisillons, les fortes chaleurs et les prédateurs (chats, belettes). De plus l’albatros royal ne pond qu’un seul oeuf et ce tout les 2 ans, à l’endroit de sa naissance seulement, ce qui complique la perpétuation de l’espèce. Grand voyageur ailé, il atteint jusqu’à 4 mètres d’envergure et parcourt jusqu’à 190 000 km par an.

Votre visite et éventuel don permettent au centre de subsister et de poursuivre son travail de protection et de sensibilisation. Grâce aux passionnés du centre, vous pourrez tout savoir sur cet incroyable oiseau et prendre des photos (à condition d’avoir un objectif zoom), sans nuire à la conservation de l’espèce mais en la soutenant.

Le Kea

nouvelle-zelande-keaCredit: Diane Desvergnes

Un perroquet pouvant vivre dans la neige ? Oui, pas de blague ici, le Kea de Nouvelle-Zélande est le seul perroquet des montagnes et considéré comme l’un des oiseaux les plus intelligents au monde. Très sociable, beaucoup n’hésitent plus à s’approcher des voitures et de l’Homme en quête d’amusement et de nourriture. Pourtant cela peut être dangereux pour eux, c’est pourquoi ils sont protégés et il est interdit de les nourrir, pour qu’ils gardent leur état sauvage et la capacité à trouver de la nourriture seuls. Vous pourrez en voir sur l’île du Sud, en particulier aux abords de Milford Sounds. Gare à vos effets personnels !

Le Kiwi

kiwi-oiseau-nouvelle-zelandeCredit: Otorohanga Kiwi House and Native Bird Park

Endémique du pays et devenu l’oiseau symbolique de la Nouvelle-Zélande, le Kiwi est très difficile à voir dans son habitat naturel. En effet, bien que protégé, il en reste peu à cause des routes et des prédateurs introduits par l’Homme (chats, belettes) mais aussi parce que leur reproduction prend du temps. La femelle ne pond pas beaucoup d’oeufs à la fois, de 1 à 3 selon l’espèce. Sans ailes, petits, discrets et au plumage assez foncé, ils ne sortent que la nuit pour se nourrir. Votre quasi-seule chance d’en voir est donc dans l’un des centres de conservation que nous vous recommanderons. Impliqués dans la reproduction de l’espèce, il est important de soutenir ces programmes, qui sont en mesure de vous apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur cet animal si unique. Contactez-nous pour savoir où ils se trouvent.

Le Fou de Bassan

fou-de-bassan-nouvelle-zelandeCredit: Adam Clarke

Cet oiseau de mer est un excellent plongeur, qui se nourrit de poissons et céphalopodes. Indigène à l’Atlantique Nord, c’est le plus gros des oiseaux de mer d’Europe et l’une des plus grandes colonies au monde se trouve en Nouvelle-Zélande, à Cape Kidnappers sur l’île du Nord. Baladez-vous près de cette colonie de pas moins de 6500 individus, observez-les sans les déranger et gardez à l’esprit que ce lieu de nidification date de 1870 où les premiers fous se sont installés. Fou n’est-ce pas? Plusieurs options s’offrent à vous pour les voir, en randonnée, en 4×4 ou en kayak de mer. Il y a plusieurs choses à savoir pour que cette expérience soit réussie. L’une d’elles est d’arriver au cap à marée basse. Nous vous conseillerons au mieux si vous souhaitez aller à leur rencontre.

Le Kakapo

sirocco-kakapo-new-zealandSource: Mike Bodie – Department of Conservation (NZ)

Seule espèce de perroquet qui ne vole pas, le kakapo ressemble un peu au Kea mais a plus de points communs avec le kiwi. Malheureusement la population a été presque décimée par les colons au 16ème et 17ème siècles, qui aimaient le prendre comme animal de compagnie, ou chassés par les chats, chiens et belettes. Ils bénéficient depuis 1995, d’un programme de conservation. A cause de son faible nombre et par conséquent faible capital génétique, l’espèce est peu résistante aux maladies et 40% de ses oeufs sont infertiles. Mais les chercheurs Néo-Zélandais n’abandonnent pas et les 49 individus restants ont vu leur ADN prélevée en 2015. C’est la première fois qu’une espèce entière aura eu son génome séquencée. Deux îles sans aucun prédateur leur sont réservées, Anchor et Codfish, sur l’île du Sud.

Les visiteurs n’y sont malheureusement pas admis mais vous pouvez en savoir plus sur Sirocco, le kakapo superstar de Nouvelle-Zélande, en cliquant ici, et le voir en action dans cette vidéo hilarante :

Les animaux marins

Le Phoque à fourrure

phoque-fourrure-nouvelle-zelandeCredit: Diane Desvergnes

Le phoque à fourrure de Nouvelle-Zélande est facile à reconnaître avec son nez pointu, ses longues moustaches et ses oreilles apparentes. La chasse pour sa fourrure a malheureusement failli causer son extinction mais elle a été interdite en 1894.

Sur l’île du Nord, vous pourrez les voir à Cape Palliser, près de Wellington, et à Castle Point sur la côte de Wairarapa. Sur l’île du Sud, nous vous recommandons une balade en kayak autour de l’île Tonga dans le Parc national Abel Tasman, où vous verrez surement des phoques, des dauphins et des manchots. On peut aussi citer Cape Foulwind près de Westport, et Kaikoura, où vous pourrez profiter d’une expérience guidée pour nager avec les phoques.

Ne vous fiez pas à leur côté lézard sur les rochers, ils s’y prélassent pour digérer et faire le plein d’énergie, mettre bas… mais vous serez émerveillés devant leur grâce dans leur élément naturel. Sur la côte des Catlins et la plage de Gillespies près de Haast, vous pourrez aussi espérer observer des lions de mer de Nouvelle-Zélande, des éléphants de mer du Sud et des léopards de mer.

Le Manchot

manchot-nouvelle-zelandeCredit: Diane Desvergnes

Sur terre, ils affichent un air maladroit en se dandinant, mais dans l’eau, place à une agilité d’acrobate. On compte trois espèces de manchot en Nouvelle-Zélande, observables depuis un bateau ou sur terre, en gardant une certaine distance pour ne pas perturber leur nidification. Grâce aux centres d’observation, vous pourrez les voir et en apprendre plus sur eux, sans les gêner.
Le korora, ou manchot pygmée, est le plus petit manchot au monde. Vous pourrez généralement observer des korora revenir à terre en groupe le soir dans les Marlborough Sounds, au port d’Akaroa, à Oamaru et sur l’île Stewart.

Le second, le rare hoiho, ou manchot antipode, qui se distingue par la bande jaune-vif soulignant ses yeux, peut être observé sur la Péninsule d’Otago, au sud de Dunedin et dans la région des Catlins. Là nous avons le circuit parfait pour observer la faune de près : des manchots, des lions de mer et des phoques à fourrure dans leur habitat naturel.
Le troisième, le gorfou du Fiordland est l’un des plus rares au monde. Il vit tout au Sud de l’île de Sud, dans les étendues sauvages et reculées du Fiordland et de l’île Stewart.

Le Grand Cachalot

cachalot-nouvelle-zelandeCredit: Miles Holden

Kaikoura, sur la côte Est de l’île du Sud, est le meilleur endroit au monde pour observer le cachalot, le plus grand mammifère marin du monde (dans les 15 mètres de long) et la plus grande baleine à dents. Là-bas, la population est résidente et peut être observée tout au long de l’année. On peut aussi voir des orques de décembre à mars, et des baleines à bosse en juin et juillet, et plusieurs espèces de dauphins sont visibles, généralement pendant la journée.

Le cachalot plonge dans les profondeurs de l’océan pour chercher sa nourriture. Or la géographie sous-marine inhabituelle de Kaikoura est idéale. Le plateau continental plonge abruptement dans plusieurs canyons sous-marins extrêmement profonds. De plus, un courant chaud du Nord rencontre un courant plus froid venu du Sud. Ainsi, les nutriments venus des profondeurs de l’océan remontent vers la surface. Ce phénomène contribue à nourrir toutes formes de vies marines, du plancton et du krill jusqu’aux baleines et aux dauphins.

Le Dauphin d’Hector

dauphin-hector-nouvelle-zelandeCredit: NZ Whale & Dolphin Trust

Aussi appelé dauphin à front blanc, il est le plus petit dauphin au monde. Il est malheureusement devenu très rare et on ne le trouve plus qu’à Akaroa, sur l’île du Sud, où même les habitants locaux le voient peu souvent. Beaucoup meurent à cause des filets de pêcheurs en haute mer ou du plastique qu’ils ingèrent. D’où l’importance de ne plus utiliser de sacs plastiques et de bien faire attention à jeter vos déchets plastiques dans les poubelles. Ils sont également menacés par les explosions sous-marines pour l’extraction minière qui les éloigne et perturbent leur reproduction. Vous aurez plus de chance d’apercevoir le dauphin Dusky lors d’une excursion à Kaikoura, à l’Est de l’île du Sud, avec le privilège de pouvoir vous mettre à l’eau lorsqu’ils passent près du bateau. Nager avec les dauphins en Nouvelle-Zélande, n’était-ce pas sur votre liste?
Bien sûr, nous ne pouvons pas tous les présenter, l’article deviendrait livre. Vous l’aurez compris, beaucoup d’animaux néozélandais sont rares mais heureusement pas tous. Selon votre itinéraire, le temps que vous y passez et votre manière de voyager, vous pourrez croiser une multitude d’oiseaux, des daims… Pour multiplier vos chances, levez-vous de bon matin et partez marcher dans les innombrables sentiers de randonnée. Pour des activités plus organisées et localisées comme les excursions nature, excursions baleine, nager avec les dauphins… nous sommes là pour vous aider.

La conservation des espèces, un enjeu national

Ulva-Island-Stewart-IslandUlva Island, Stewart Island – Credit: Miles Holden

La Nouvelle-Zélande est une nation qui a appris de son passé et a compris que la conservation de son patrimoine naturel était déterminante pour son avenir. Selon le rapport ministériel ‘’Environment Aotearoa’’, 75 espèces animales et végétales ont disparu depuis la colonisation de l’île par l’Homme. 90 % des oiseaux de mer et 84 % des reptiles sont actuellement en danger. Ce sont donc les écosystèmes qui sont menacés.
En parallèle de ce constat, le Tourisme est un enjeu important pour le pays où il représente 5,6% du PIB (2019) et 10% des emplois. La beauté et la diversité de ses paysages constituent un atout, identitaire mais également économique.

Alors le gouvernement a mis en place plusieurs mesures pour préserver la flore et la faune Néo Zélandaises et limiter les impacts négatifs du tourisme. 14 parcs nationaux ont été créés, représentant plus de 20 % du territoire, et 3 régions sont classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco : le parc national de Tongariro au centre de l’Île du Nord, Te Wahipounamu au sud-ouest de l’Île du Sud et les Iles Subantarctiques situées dans l’Océan Austral au sud est du pays. Gérés et entretenus par le Département de la Conservation, les parcs nationaux de Nouvelle-Zélande proposent une large variété d’activités, dont la randonnée, le VTT, le ski et le snowboard, le kayak et la pêche (truite seulement).

On compte aussi 34 réserves naturelles marines néo-zélandaises, où est appliquée une politique stricte qui interdit de pêcher ou de ramasser des fruits de mer. Par ailleurs, si vous souhaitez camper en Nouvelle-Zélande, vous remarquerez qu’il y a beaucoup de choix de campings. Cependant, de nombreuses règles sont à respecter et il est difficile de trouver un camping sans un véhicule ‘’self-contained’’ (qui possèdent un bassin de récupération des eau usées). Le pays fait donc son possible pour concilier les enjeux environnementaux et économiques, en choisissant la voie du Tourisme Durable.

Nous espérons vous avoir donné envie de partir à la rencontre des merveilleux animaux de Nouvelle-Zélande et nous comptons sur vous pour les découvrir dans le plus grand respect. Nous prônons le voyage responsable et un tourisme responsable en Nouvelle-Zélande et nous soutenons, avec nos voyageurs, les programmes de conservation. Contactez-nous pour organiser votre voyage en Nouvelle-Zélande.

Diane

On me surnomme souvent l'aventurière prudente et la paparazzi des animaux. Le voyage et la photographie sont mes deux passions. J'aime élaborer et vivre ces voyages uniques, où l'on plonge dans l'Histoire et se reconnecte à la Nature.